Balades au fil d'Airvault

Le four à chaux de la Fuye

De la chaux et des hommes

La fabrication de la chaux était saisonnière car le chaulage des champs se pratiquait essentiellement au début du printemps ou à la fin de l’été. Les travailleurs, principalement issus du monde agricole, n’étaient donc pas employés toute l’année et pouvaient ainsi s’occuper de leur ferme. Cette activité leur assurait un revenu certain, améliorant ainsi leur condition de vie.

Jusque dans les années 1925-30, ils travaillaient à la tâche et étaient payé à la toise pour certains (carriers), à la barrique de chaux produite pour d’autres.

Les carriers

Leurs conditions de travail étaient très pénibles. Ils travaillaient par tous les temps. L’hiver, la pierre gelée était dure à tailler alors qu’en automne ou au printemps la pluie rendait le terrain très glissant et boueux. Au four de la Fuye (ici), chaque carrier avait une surface délimitée de terrain à exploiter, donnant ainsi des formes d’éperons au front de la carrière.

Après la grande guerre, l’extraction dans les mines se faisait par explosion. Auparavant, les hommes utilisaient le pic et la barre.

Les chaufourniers

Ils étaient chargés de remplir le four en déversant les pierres stockées dans le wagonnet, dans le gueulard. Travaillant surtout la nuit, comme les défourneurs, ils pouvaient poursuivre en journée et faire jusqu’à 18 à 20 heures de travail de suite, 7 jours sur 7. Ils étaient logés dans la maison d’habitation jouxtant le four avec leur famille.

Les défourneurs

Ils travaillaient à l’intérieur, à l’abri du mauvais temps, tout comme les ouvriers chargés d’alimenter le four en charbon. Mais, ils étaient contraints de supporter la chaleur intense dégagée par la cuisson.

Les rouliers et les charretiers

Ils s’occupaient des chevaux chargés de transporter les sacs de chaux dans les fermes alentours, allant jusqu’à Maisontiers ou Parthenay. Pour cette dernière destination, les chargements passaient par le vieux pont de Gourgé pour se rendre au café Castille où la chaux s’y vendait à la barrique (une barrique valait deux hectolitres).

Ceux qui venaient acheter la chaux directement au four, venaient avec leurs charrettes tirées par des bœufs ou chevaux. Les premiers arrivés étaient les premiers servis. Certains faisaient six à sept kilomètres ; Avant de repartir, les charretiers se restauraient.

Vers 1925, les premiers camions apparurent, mettant ainsi doucement fin aux transports charretiers.